Alors que le franc congolais affiche une légère reprise face au dollar américain, cette amélioration tant attendue n’a, paradoxalement, aucun impact visible sur le panier de la ménagère. Malgré une baisse récente du taux de change – passé de 2.850 à environ 2.650 FC pour 1 USD – les prix des produits de première nécessité demeurent obstinément élevés sur l’ensemble du territoire.
Dans les marchés populaires comme dans les supermarchés, à la pompe comme dans les boutiques de télécommunication, les Congolais continuent de subir une pression constante sur leur pouvoir d’achat. Aucun signe de répit à l’horizon, malgré une conjoncture monétaire qui, en théorie, aurait dû entraîner une baisse automatique des prix.
« Même si le dollar baisse, le pain, le riz ou encore le carburant restent au même prix, voire augmentent. C’est comme si ça n’avait aucun sens », déplore Marie, vendeuse au marché Gambela, à Kinshasa.
Cette inertie des prix interroge sur le fonctionnement du marché congolais et l’efficacité des mécanismes de régulation. Plusieurs observateurs dénoncent une économie informelle dominante, peu soumise aux lois classiques de l’offre et de la demande, mais aussi un manque de volonté politique pour encadrer les prix.
Malgré plusieurs remaniements au ministère de l’Économie depuis le début de l’année, la situation reste inchangée. La vie chère semble s’ancrer durablement dans le quotidien des Congolais, avec une indifférence apparente des autorités. Le contraste est frappant : alors que la monnaie nationale se redresse timidement, le fossé entre les indicateurs macroéconomiques et la réalité des ménages ne cesse de se creuser.
Dans un pays où plus de 70 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, cette stabilité artificielle des prix à la hausse continue de creuser les inégalités et d’alimenter un climat social sous tension.
