Maître Médard Palankoy Lakwas, avocat congolais, est détenu depuis cent jours par le Conseil National de la Cyberdéfense (CNC), un service rattaché à la présidence de la République. Ce mardi 24 juin, la Chaire Congolaise des Droits de l’Homme (CCDH) a alerté l’opinion publique sur les véritables motifs de cette arrestation, rejetant les accusations de liens supposés avec l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila.
Selon la CCDH, la détention prolongée de Me Palankoy serait liée à son engagement dans la défense d’un client. L’avocat s’est opposé, par les voies légales, à la spoliation d’une parcelle appartenant à Moïse Ekanga, située à Binza Pigeon (Kinshasa). Cette affaire impliquerait des dignitaires du régime actuel.
« La vérité est simple : Me Palankoy est l’avocat de Moïse Ekanga et a contesté légalement l’expropriation de son terrain. C’est pour cela qu’il est aujourd’hui victime de représailles », a déclaré Maître Éloi Mubilansam, coordonnateur de la CCDH.
Des accusations « infondées » selon la CCDH
Les autorités justifient la détention en évoquant des liens présumés entre Me Palankoy et le réseau financier de Joseph Kabila. La CCDH dénonce une manœuvre politique :
« Ces allégations ne reposent sur aucune preuve. Me Palankoy est un spécialiste du droit minier et a agi dans le strict cadre de sa profession. Si lien il y a, c’est uniquement celui entre un avocat et son client », a insisté Me Mubilansam.
D’après la CCDH, le CNC aurait lancé une campagne médiatique pour associer l’avocat à Dan Gertler et Moïse Ekanga, deux proches de l’ancien président.
Cette organisation rappelle qu’en droit pénal, toute infraction doit être prouvée et comporter un élément intentionnel. En l’absence de charges concrètes, la CCDH et ses partenaires réclament la libération sans condition de Me Palankoy.
Bertin Al-bashir
