Quelques jours après la prise de cette zone stratégique par les rebelles du M23, le général Bernard Byamungu a tenu, ce vendredi, son tout premier meeting public devant une foule locale rassemblée à Nzibira. Une apparition rare, mais hautement symbolique, qui marque un tournant dans l’offensive menée par la coalition AFC-M23 dans l’est de la RDC.
Lors de son allocution, Byamungu a justifié la présence de ses troupes en expliquant que « les bombardements de l’armée congolaise (FARDC) provenaient de cette région », ce qui, selon lui, légitimerait l’occupation actuelle de la cité. Cette déclaration intervient alors que les forces régulières congolaises n’ont, pour l’heure, pas réagi officiellement à la perte de Nzibira.
De leur côté, les milices Wazalendo, alliées des FARDC sur le terrain, évoquent un simple « repli stratégique » destiné à « limiter les pertes humaines et matérielles ». Cette version contraste avec l’impression de progression constante des forces rebelles sur plusieurs fronts dans les Kivu.
Ancien officier des FARDC, Bernard Byamungu avait été condamné sous le régime de Joseph Kabila avant d’être libéré en 2019 par une décision présidentielle exceptionnelle de Félix Tshisekedi. Revenu dans le maquis dès 2022, il est aujourd’hui considéré comme l’un des principaux architectes des récents succès militaires revendiqués par le M23 et ses alliés.
Avec cette prise de parole publique à Nzibira, Byamungu envoie un message fort : il entend incarner, désormais, le nouveau visage de l’ordre militaire dans les zones sous contrôle rebelle.
