À l’occasion de la Journée internationale de la Femme, célébrée ce samedi 8 mars, l’Association Nationale des Victimes au Congo (ANVC), à travers sa Ligue des femmes, a saisi cette opportunité pour élever la voix et défendre la cause des femmes victimes de violences sexuelles dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Traditionnellement, cette journée est marquée à Kinshasa et dans tout le pays par des festivités organisées par des associations féminines. Cependant, cette année, la réalité est bien différente en raison des violences sexuelles massives subies par les femmes dans l’Est du pays, comme l’a souligné Massy Namwati, présidente de la Ligue des femmes de l’ANVC.
« Tout le monde le sait, même à l’international, le 8 mars est une journée dédiée à la célébration des femmes. Normalement, nous devrions porter de nouveaux pagnes, organiser des grillades et festoyer ensemble. Mais aujourd’hui, nous ne pouvons pas le faire, car nos tantes, nos mères, nos sœurs et nos filles sont violées dans l’est de la RDC. Cela dure depuis plus de 30 ans », a-t-elle déclaré avec émotion.
Dans un contexte marqué par l’occupation rwandaise dans l’Est de la RDC, la Ligue des femmes de l’ANVC appelle les décideurs à assumer leurs responsabilités et à sanctionner les auteurs de ces atrocités.
« Ces terroristes, après avoir mené une guerre sur le terrain, utilisent désormais le corps des femmes comme un champ de bataille. Des dizaines d’hommes violent des femmes, parfois même en utilisant des armes. Nous disons : ça suffit ! Trop c’est trop, nous en avons assez ! Nous voulons que l’année 2025 marque la fin de ces atrocités », a dénoncé Massy Namwati.
Elle a ajouté : « Nous exigeons que justice soit rendue, car les auteurs de ces crimes circulent librement sans être inquiétés. Nous voulons que les familles puissent vivre en paix et circuler sans crainte. Une paix totale doit être instaurée. »
Cette année, la Journée internationale de la Femme est placée sous le thème « Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation ». Ce thème vise à donner à la prochaine génération les moyens d’agir en tant que catalyseurs d’un changement durable. Le 8 mars est une journée mondiale qui célèbre les réalisations des femmes tout en sensibilisant aux inégalités et aux discriminations de genre.
Il est important de rappeler que l’Association Nationale des Victimes du Congo (ANVC) est une organisation non gouvernementale engagée dans la défense des droits humains, en particulier ceux des femmes et des filles victimes de violences dans un contexte de conflit.
La Journée internationale de la Femme 2025 a été l’occasion pour l’ANVC de rappeler l’urgence de mettre fin aux violences sexuelles dans l’Est de la RDC et de restaurer la dignité des femmes congolaises. L’appel à la justice et à la paix lancé par Massy Namwati et son organisation résonne comme un cri d’espoir pour des milliers de femmes qui aspirent à vivre dans un environnement sûr et respectueux de leurs droits fondamentaux.
Bertin Al-bashir
