
Dans le monde enchanteur du cinéma, il y a d’un côté la lumière qui attire les spectateurs et de l’autre l’ombre où tout se décide. Sous les projecteurs brillent acteurs et actrices mais aussi réalisateurs.
Loin du public cette fois là, il y a les producteurs, ces êtres mystérieux pour le profane, sans lesquels le cinéma n’existerait pas car ce sont eux qui financent les films.
C’est à cette occasion que le producteur Emmanuel Lupia a répondu à cœur ouvert aux questions de reporters du magazine Osmose-infos.com lors d’une interview exclusive accordée jeudi 8 juin 2023.
Comment êtes-vous devenu producteur ?
J’ai poursuivi mes études universitaires en économie, et en suite j’ai un Master en cinéma. Je voulais devenir réalisateur mais c’est au cours de la formation que mes enseignants et mes encadreurs me disaient que je pourrais bien émerger dans la carrière d’un producteur.
Forcément ils avaient découvert un potentiel en moi; une chose que moi-même j’ignorais. Et plus tard je suis allé signer à la société Sulka production où j’ai eu à assumé plusieurs responsabilités dans la production de différents projets. C’est en 2014 que j’ai fondé ma propre entreprise « To sala film ». C’est de cette manière que j’ai entamé ma carrière de producteur.
Quel est le profil type des jeunes producteur d’aujourd’hui ?
Un producteur, c’est quelqu’un qui doit avoir beaucoup de patience parce que le projet ne se transforme pas facilement à un bon projet bancable. Cela prend du temps, alors il faut énormément de la patience pour se développer correctement. Il doit avoir une vision très large, une sensibilité particulière par rapport aux sujets importants et pertinents qui sont traités dans le projet qu’on lui présente. C’est quelqu’un qui doit être éclectique, qui doit chercher à découvrir les nouveautés. Donc curieux, il doit s’intéresser personnellement à ce qui se passe au tour de lui, pour justement découvrir des faits intéressants. Il doit savoir parler, porter des projets.
Un producteur doit être muni des capacités d’aller voir les partenaires, se construire une crédibilité autour de lui-même et bien présenter les auteurs des projets puis les crédibiliser. Il doit avoir les attitudes des bons marqueteurs mais aussi posséder une connaissance sur des bons scénarios, sur le projet et ses scripts. Il ne doit pas simplement accompagner l’auteur sur le plan financier mais aussi être un appui et un conseil sur le plan artistique.
Comment décriviez vous le métier de producteur ?
Le métier de producteur, c’est le compagnon, cet appui qu’un auteur va trouver avec une idée ou une envie. Il va aider l’auteur à mettre en forme son idée et l’aider à trouver des ressources qui lui permettra de transformer son idée en un projet qui soit bancable, qui par la suite va s’assurer de trouver les moyens, les partenaires pour rendre le projet faisable.
Donc, c’est cette personne qui, à partir d’une idée entrevoit un potentiel et trouve le moyen d’aider l’auteur à développer son idée et ensuite va chercher le moyen pour que cette idée soit tournée afin de devenir un film. Il doit avoir un réseau, un carnet d’adresse fort. Un producteur doit avoir une certaine connaissance sur le scénario, sur les bonnes idées, etc.
Concrètement, que faites-vous en tant que producteur ?
Concrètement à ce que moi personnellement j’ai fait en tant que producteur, je détecte des talents des auteurs qui sont porteurs de bonnes idées, des projets pour travailler avec eux sur le développement de leurs idées. C’est-à-dire qu’on essaie de donner une meilleure forme à l’idée. A mon tour j’essaye de définir le format qui rendra le projet beaucoup plus bancable et je mettrai les moyens de ressources humaines et financières pour que le projet se réalise.
Qu’est-ce qui est le plus dur dans le métier de producteur ?
C’est un métier dans lequel on est assez solitaire dans la recherche des solutions, des moyens financiers, d’aller solliciter l’aide des partenaires, de les convaincre pour des allocations.
Très souvent, on se bat tout seul et une fois que les moyens sont disponibles, nous prenons des risques et donc il faut assurer ce risque là jusqu’à la livraison du projet. Parfois les gens avec lesquels nous nous collaborons sont ingrats envers nous, juste parce que tout le monde pense que nous gagnons beaucoup d’argent sans oublier que pour un producteur c’est au minimum 4 ou 5 années de travail pour chaque projet bien avant d’aller au tournage. Mais y a de ceux là qui arrivent au tournage un à deux mois avant le bouclage du projet. Sinon, c’est assez passionnant en même temps puisque nous rencontrons des gens fabuleux. Chaque projet c’est une nouvelle aventure.
Quelles qualités faut-il ?
Il faut avoir un leadership solide, il faut savoir écouter. Avoir un grand cœur pour gérer les gens avec leurs émotions, leurs manières. Par ailleurs, nous rassemblons des gens qui ont des éducations différentes, des niveaux d’intelligence différents, des variétés d’âge. Bref, vous devez être en mesure de les gérer avec leur conflit.
Quand t’es un producteur, il faut savoir ne pas s’emporter. On gère des gens qui doivent vivre en promiscuité.
À cet effet, on doit avoir une bonne qualité d’écoute. Une bonne compréhension. Posséder une connaissance en matière cinématographique. Savoir la gestion des clients et partenaires. Un producteur doit savoir écrire et beaucoup lire.
Quels conseils donneriez vous aux jeunes qui veulent se lancer ?
Je les encourage. C’est qu’il faut savoir, si vous voulez entreprendre dans le cinéma, il faut déjà s’armer de beaucoup de connaissance et savoir. On arrête pas.
On ne devient pas producteur parce que on a beaucoup des moyens financiers, c’est un métier.
En suite il vaut mieux d’avoir la patience d’apprendre. Je vous le recommande car c’est un bon métier.
Je vous remercie !
La rédaction

Je suis très ému de cette brève discussion avec monsieur Emmanuelle Lupia, … il a été clair et bien expliqué les choses! Je suis vraiment ravi!
Rabbi Kabamba wa kabamba shauri. Cinéaste ( Réalisateur et Acteur )
D’accord, merci