Le Consortium des ONG des droits de l’homme en République démocratique du Congo (RDC) a condamné avec fermeté l’enlèvement et la détention extrajudiciaire de Me Médard Palankoy Lakwas, avocat et défenseur des droits humains, par le Conseil national de cyberdéfense (CNC). Me Palankoy a été arrêté le 14 mars 2025 dans son cabinet de travail à Kinshasa-Gombe.
Selon le Consortium, Me Médard Palankoy Lakwass est détenu sans chef d’inculpation formel, privé de tout contact avec sa famille et ses avocats, et son passeport lui a été confisqué. Ces actes violent plusieurs droits fondamentaux, notamment, le droit à la liberté et à la sûreté, le droit à un procès équitable, le droit à une assistance juridique ainsi que le droit aux visites familiales.
À cet effet, le Consortium s’interroge sur les attributions légales du CNC, organe non judiciaire, et déplore que le Barreau de Kinshasa-Gombe n’ait pas réagi malgré son rôle de protection de l’indépendance des avocats.
Les revendications des ONG
Dans sa déclaration, le Consortium exige entre autre, la libération immédiate de Me Palankoy ou son transfert devant une juridiction compétente ; la restitution de son passeport et l’arrêt du harcèlement contre son entourage ; une enquête indépendante sur les abus du CNC ; une prise de position urgente du Barreau et de l’Ordre des avocats.
Outre cela, ces ONG sollicitent l’intervention du CICR pour évaluer les conditions de détention de Me Palankoy, l’appui du BCNUDH (ONU) pour enquêter sur cette violation, et aussi l’implication de la CNDH (Commission nationale des droits de l’homme) pour formuler des recommandations.
Il convient de noter que cette affaire relance le débat sur les dérives sécuritaires en RDC et les risques pour l’État de droit. Par ailleurs, le Consortium appelle la société civile et les partenaires internationaux à se mobiliser contre ces pratiques.
