Lors de l’audience tenue ce jour devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa–Gombe, Honorine Porsche a livré un témoignage bouleversant : elle affirme avoir sollicité en vain l’aide de la première dame, Denise Nyakeru Tshisekedi, alléguant ne plus pouvoir nourrir ses quatre enfants et se retrouver criblée d’une dette de 20 000 euros.
Arrivée à Kinshasa pour demander secours, Mme Porsche explique que sa sœur l’a conduite à la fondation présidée par la première dame mais qu’elle a été purement et simplement refusée à l’entrée. Désemparée, elle assure que cette porte fermée fut le point de rupture : « C’est ainsi que, dans la dépression, étant au bout de l’espoir, j’ai décidé d’acheter un jouet d’arme pour opérer ce braquage. Je ne voulais faire de mal à personne. C’est la souffrance qui m’a conduit à poser cet acte ».
L’affaire remonte à l’attaque, déclarée « braquage », de l’agence Rawbank de la Place Victoire, à Kinshasa, le 16 octobre dernier. Mme Porsche est poursuivie pour vol à main armée, terrorisme et association de malfaiteurs.
Lors de l’audience, elle a souligné qu’elle n’avait pas d’acolytes : « Ce sont des innocents », a-t-elle affirmé à propos des autres accusés. Elle a également fait état de sa détresse sociale, économique et psychologique, pointant la chaîne d’événements qui l’aurait conduite à l’acte.
Ce témoignage met en lumière un paradoxe cruel : entre la misère personnelle, le sentiment d’abandon, et l’escalade vers un acte criminel, se dessine une fragilité humaine peu souvent exposée dans les dossiers judiciaires. Pour l’observateur, cette affaire dépasse le simple fait divers : elle interroge la responsabilité des institutions, la vulnérabilité des individus en crise, et la façon dont l’état de dépression et le sentiment d’isolement peuvent conduire à l’irréparable.
La procédure se poursuit devant le tribunal militaire de Kinshasa–Gombe. Les faits restent commis sous haute tension médiatique et judiciaire, et l’affaire pourrait devenir un marqueur dans l’attention portée aux carences sociales derrière certains actes criminels.
Rédaction
