L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro a été condamné ce jeudi à 27 ans et 3 mois de prison pour avoir tenté de renverser l’ordre démocratique à la suite de sa défaite électorale en 2022. La Cour suprême du Brésil a rendu un verdict historique, marquant un tournant dans la vie politique du pays.
Reconnu coupable de conspiration et de tentative de coup d’État, Bolsonaro, 70 ans, a été sanctionné par quatre des cinq juges appelés à se prononcer. L’ex-dirigeant d’extrême droite était accusé d’avoir orchestré une stratégie de “maintien autoritaire au pouvoir”, visant à contourner les résultats des urnes qui avaient porté son rival Luiz Inácio Lula da Silva à la présidence.
Ce procès, suivi en direct par des millions de Brésiliens, est sans précédent depuis la fin de la dictature militaire (1964-1985). Jamais un ancien chef d’État n’avait été poursuivi – et encore moins condamné – pour avoir attenté à la démocratie. L’affaire a profondément secoué la société brésilienne, ravivant les souvenirs d’un passé autoritaire que beaucoup espéraient révolu.
Malgré la sévérité du jugement, Jair Bolsonaro nie en bloc les faits qui lui sont reprochés. Ses avocats ont déjà annoncé leur intention de faire appel, dénonçant une décision « politique » et « injuste ».
La condamnation de Bolsonaro pourrait faire jurisprudence dans d’autres pays d’Amérique latine et d’Afrique, où des chefs d’État ou anciens dirigeants sont également poursuivis pour des actes similaires.
À ce titre, les regards se tournent désormais vers la République Démocratique du Congo, où un autre procès sensible se déroule. L’ex-président Joseph Kabila attend le verdict de la Haute cour militaire ce vendredi 12 septembre, dans une affaire également marquée par des accusations de dérives institutionnelles.
Une double actualité judiciaire qui met en lumière les défis de consolidation démocratique dans les pays en transition ou fragilisés par des héritages autoritaires.
