Cela fait aujourd’hui 100 jours que Me Médard Palankoy, avocat et père de famille, a été enlevé et détenu sans procès par le Conseil national de la Cyberdéfense (CNC), un organe non judiciaire relevant de la présidence de la République démocratique du Congo (RDC). Malgré les appels répétés de la société civile et des défenseurs des droits humains, les autorités congolaises restent silencieuses, suscitant des inquiétudes quant au respect des libertés fondamentales.
Arrêté le 14 mars 2025, Me Palankoy n’a toujours pas été présenté devant un juge, ni autorisé à recevoir la visite de son avocat ou de sa famille. Le CNC l’accuserait d’avoir des liens avec des réseaux financiers liés à l’ancien président Joseph Kabila, en raison de sa défense passée de clients comme Dan Gertler ou Moïse Ekanga.
Cependant, la Chaire congolaise des droits de l’Homme (CCDH) dénonce une manœuvre politique : selon elle, l’avocat est persécuté pour avoir tenté d’empêcher l’expropriation illégale d’une parcelle appartenant à Ekanga à Binza Pigeon. « Si ses clients ont commis des infractions, en quoi leur avocat en serait-il responsable ? », interroge l’ONG.
Depuis avril 2025, la CCDH et ses partenaires mènent la campagne « Freedom for Palankoy Médard », exigeant :
– La libération immédiate et sans conditions de Me Palankoy ;
– La restitution de ses biens confisqués, notamment son passeport et ses documents professionnels ;
– La fin des intimidations contre sa famille, son cabinet et les ONG le soutenant.
Malgré une lettre adressée aux plus hautes autorités, aucune réponse n’a été apportée, alimentant les craintes d’une justice instrumentalisée.
Pour la CCDH, cette affaire illustre un recul inquiétant des droits humains en RDC. « Mieux vaut acquitter 100 coupables que de mettre en prison un seul innocent », rappelle l’organisation, citant Voltaire. Alors que le pays se dit démocratique, la détention arbitraire de Me Palankoy interroge sur l’indépendance de la justice et le respect des libertés publiques.
